Balance ta justice

Selon le sondage réalisé par nos soins sur Facebook, 71% des français ne croient plus en la justice. Ce qui est déroutant quand nous savons que beaucoup de populations dans le monde rêveraient de disposer d’un tel instrument démocratique au sein de leur pays. Nous pouvons penser en guise d’exemple non exhaustif à la Colombie ou au Mexique où les narco-trafiquants font en grande partie la loi ou encore à la Corée du Nord et son régime dictatorial. Pourtant, ne nous cachons pas, ce chiffre élevé, presque 3 personnes sur 4 (!), n’est pas une surprise. Loin de là.
L’exécutif de notre pays a raté et rate encore le virage humain qu’il semble obstiné à ne pas emprunter. Les revendications des gilets jaunes (qu’on soit pour ou contre) qui ont émergé et demeurent depuis maintenant plus d’un an sont un exemple d’un ras-le-bol.  La prise de relais des syndicats sur les questions du régime des retraites, de l’épuisement des enseignants et d’un sous-effectif étouffant dans le domaine hospitalier constituent des signaux alarmants pour une justice sociale en déliquescence.

La justice au sens institutionnel du terme est aussi imparfaite, même si elle a pour but, ce qui est louable, de protéger, notamment par rapport au droit des enfants que nous avons exploré à travers un atelier.

Nous avons appris la mise à l’essai d’un collectif de cinq magistrats pour remplacer les jurés, voix du peuple, dans les cours d’assises en vue d’une possible mise en place dans un futur proche. Les affaires Balkany et Sarkozy rappellent aussi ô combien les politiciens ne sont pas jugés de façon équitable par rapport à un citoyen lambda qui serait condamné plus lourdement vis-à-vis des faits rapportés. Justice à deux vitesses. Rappelons que l’exécutif en place dispose d’un totem d’immunité durant le mandat et que le gouvernement, via le ministre de la justice, garde la main sur la nomination des procureurs. La soi-disant séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire interroge quant à la véritable impartialité que nous rabâche les manuels scolaires.

L’opinion publique balbutie la présomption d’innocence et fragilise de facto la justice.

L’exemple historique de l’Affaire Dreyfus démontre que la vox populi se sent légitime pour condamner ou innocenter.
La vengeance personnelle peut-elle s’affranchir du dispositif de lois mis en place par le pays ? C’est une question que nous nous sommes posée et qui a été débattue d’ailleurs à travers le café culturel consacré au thème du journal avec les prisonniers de Vezin-Le Coquet. Moment très enrichissant !

Pour finir, la question de la justice divine a aussi été évoquée. Notre excursion à l’Opéra pour voir le fameux Hamlet de Shakespeare et le procès fictif du XIXème siècle de Hélène Jegado auquel nous avons assisté rappellent aussi que pour beaucoup, malgré la déchristianisation existante dans notre pays, la justice peut ne pas être que séculière. La justice est ainsi à voir sous plusieurs formes et une certitude demeure : elle est subjective. Ce qui est juste pour untel ne l’est pas pour l’autre et vice-versa. C’est le fil rouge de l’histoire de l’Homme et cassons tout suspens, elle le restera jusqu’à la nuit des temps.

L’édito par Alexis Janvier & Céline Brulais

Florent WoodCampers, l’homme invisible

Lors de la présentation du projet, on nous a parlé de ce fameux artiste avec lequel nous allions travailler. Nous étions impatients d’avoir la chance de découvrir l’univers vintage aux formes simples de cet artiste rennais aux multiples facettes. A la fois graphiste, illustrateur, nous attendions beaucoup de ces ateliers. Mais voici la chute (c’est le cas de le dire), nous n’avons malheureusement pas pu travailler avec lui, un imprévu s’est glissé entre nous. Nous voilà alors tous autour de la table à nous regarder dans le blanc des yeux et nous demander comment nous allions nous en sortir seul.e.s. Une seule chose à faire alors : se fondre dans la peau du personnage ! Pensons simple mais efficace : formes, couleurs, papiers et découpage. Nous voilà alors lancés dans un brainstorming sur comment représenter la Justice. La première chose qui sort est l’idée de « super héros ». Puis rapidement nous décidons de partir sur un défenseur de l’environnement. Le violet, couleur représentant la justice mixée aux feuillages pour l’environnement. Voici donc une super aubergine armée de son cactus ! Pour le background : des usines polluantes installées dans un désert. Voici ce que pourrait devenir notre planète. Le style de cette affiche reprend la technique de WoodCampers : que du papier découpé, des coups de ciseaux et une bonne dose d’imagination.

Constance Valer et Alexis Le Cocquen

La version papier téléchargeable

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